J’ai été déçu par le discours de Versailles pour deux raisons:
- Sur la forme. J’ai soutenu la révision constitutionnelle et le droit pour le Président de s’exprimer devant le Parlement; cette interdiction, dite loi chinoise, datait des premières années de la 3e république et répondait à une volonté de s’émanciper de la tutelle de Thiers; elle n’avait plus guère de sens aujourd’hui; seulement, j’étais favorable à deux choses : une sorte de discours sur l’état de l’union, c’est à dire un rendez-vous à date fixe, de rencontre entre deux pouvoirs constitutionnels ; ou une autorisation pour des interventions solennelles en cas de crise ou de projet de référendum par exemple. En s’exprimant deux jours avant un remaniement, quelques jours avant un nouveau discours de politique générale du Premier ministre, le Président a, à mon sens, abaissé la parole présidentielle à un niveau qui n’est pas le sien, dans l’ordre symbolique; de deux choses l’une : soit on reste dans un régime politique dans lequel le gouvernement est responsable devant le Parlement, ce qui est le cas et le Président a commis ne erreur institutionnelle en s’exprimant aujourd’hui ; soit on fait le choix d’un véritable régime présidentiel et dans ce cas une nouvelle révision constitutionnelle est requise et j’y suis favorable.
- Sur le fond. Le discours ressemblait un peu à un catalogue ; j’attendais une stratégie plus claire sur la France d’après crise, tant en termes de réformes des collectivités que de transformations économiques et sociales. J’ai trouvé le discours trop marqué par la conjoncture politico-politicienne des derniers jours.
J’attends avec impatience la composition du nouveau gouvernement pour que le mouvement des réformes soit relancé !